Résultats de la phase 1 de l’étude sur les technologies pour soutenir l’employabilité des travailleurs en entreprise adaptée

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Le Centre de partage d’expertise en intervention technoclinique (CPEITC) de l’Université du Québec à Trois-Rivières, en partenariat avec le CQEA, a mené en 2018 la phase un d’un projet de recherche intitulé « Les technologies pour soutenir l’employabilité des travailleurs dans les entreprises adaptées du Québec ». Les résultats de cette première phase du projet ont été divulgués en mai 2019.

Point de vue des travailleurs

L’étude qualitative réalisée auprès de 124 participants provenant de 12 entreprises adaptées du Québec a permis d’identifier que la majorité des travailleurs présentant des limitations fonctionnelles serait favorable à l’utilisation des technologies pour les soutenir dans leur travail en entreprise adaptée. Ils mentionnent que cette modalité d’assistance comporterait plusieurs avantages dont :

  • Augmentation de leur niveau d’autonomie au travail
  • Libération du temps du superviseur
  • Diminution des pertes de temps au travail
  • Amélioration de la communication entre le travailleur et le personnel d’encadrement
  • Ajout de nouvelles modalités de formation pour les nouveaux travailleurs

Certains considèrent que la technologie pourrait répondre davantage à leurs besoins en milieu de travail. Toutefois, des travailleurs se questionnent notamment quant au :

  • Risque de distraction
  • Manque d’expérience de certains travailleurs qui n’ont pas eu la possibilité d’utiliser ces outils dans leur quotidien
  • La réelle valeur ajoutée des technologies lorsqu’on les compare aux méthodes traditionnelles déjà déployées dans leur milieu de travail

Point de vue des entreprises

En ce qui a trait au personnel d’encadrement et aux gestionnaires, la majorité manifeste une ouverture face à l’utilisation des technologies. Plusieurs se sentent prêts à l’essayer dans l’optique de mieux soutenir les travailleurs de leurs entreprises, mais sous certaines conditions dont :

  • La mise en place d’un système de réglementation
  • L’évaluation du ratio technologies/travailleurs
  • La personnalisation des appareils
  • L’évaluation des besoins, de l’intérêt et des caractéristiques des travailleurs

Le personnel d’encadrement partage cependant certaines craintes, telles que l’alourdissement de leur tâche ainsi que la crainte d’être remplacé par la technologie ou de perdre le contact humain, qui constitue le cœur de la valorisation du travail des contremaîtres et des superviseurs.

Conditions de déploiement

Le déploiement des technologies éveille un intérêt certain auprès des participants, aurait des bénéfices pour les travailleurs et le personnel d’encadrement et semble ainsi une avenue possible au sein des entreprises adaptées du Québec, mais pas à n’importe quel prix. Il importe, pour ne nommer que quelques exemples, de(d’)

  • Prendre le temps de planifier rigoureusement le virage numérique
  • Évaluer les besoins des travailleurs et des entreprises ainsi que la valeur ajoutée de la technologie
  • Adresser les craintes et inquiétudes du personnel d’encadrement
  • Rendre les milieux favorables à l’implantation
  • Prétester l’utilisation des technologies dans le cadre de projets pilotes

Les entrevues ont également permis de soulever qu’une évaluation approfondie des besoins des travailleurs ainsi que de leurs entreprises, de leur contexte organisationnel ainsi que des compétences technologiques des utilisateurs s’avère une prémisse essentielle à l’implantation des technologies au sein des entreprises adaptées.

Conclusion

En somme, les travailleurs, les membres du personnel d’encadrement et les gestionnaires voient un potentiel intéressant, voire même nécessaire, à l’intégration des technologies au sein des entreprises adaptées du Québec. Non seulement l’intégration des technologies pourrait soutenir les travailleurs dans le développement de leurs compétences en emploi, mais cela pourrait également, comme certains le nomment, avoir des retombées plus larges, notamment sur la participation sociale – et numérique – des personnes présentant des limitations fonctionnelles.

Nous remercions M. Dany Lussier-Desrochers, directeur général du CPEITC et Mesdames Laurence Pépin-Beauchesne et Anne-Claude Villeneuve pour leur contribution essentielle à cette étude et cet article.

Les résultats de la première phase du projet de recherche seront présentés lors d’un midi-conférence le 18 septembre 2019 par Mesdames Annie-Claude Villeneuve et Laurence Pépin-Beauchesne, Assistantes de recherche de l’équipe de recherche technoclinique (ÉRTC) de l’UQTR. Pour obtenir des détails additionnels ou pour inscription : https://cqea.ca/formation/phase1cpeitc/

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